THOMAS SANKARA
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• La mort de Thomas Sankara / le 15 octobre 1987 vu par...
Sennen Andriamirado
« Le complot était ourdi depuis longtemps…»
Jeune Afrique, n°1400, 4 novembre 1987, page 14-17
Voix : Nathalie Cuenet
2010 © Christophe Cupelin
Le jeudi 15 octobre à 16 heures Thomas Sankara est attendu au « Conseil de l'Entente » où il a réuni ses proches conseillers pour peaufiner le Code de conduite qu'il va proposer le soir même à 20 heures au Conseil national de la Révolution – CNR (voir JA n°1399 du 28 octobre 1987). Il téléphone à sa femme Mariam – « des banalités » dira cette dernière – et quitte sa résidence. Il ne sait pas encore qu'au même moment le capitaine Ousseini Compaoré a été arrêté à son domicile par des hommes de Blaise Compaoré et qu'un commando a déjà pris le contrôle de la radio.
À 16 heures 15, le président arrive au Conseil de l'Entente, sort de sa Peugeot 205 noire et se dirige vers le Pavillon Haute-Volta où doit se tenir la réunion. Des rafales de kalachnikovs fauchent son chauffeur et l'un de ses gardes du corps. Des para-commandos venus de Pô – dont Blaise Compaoré est le patron – pour relever la garde du Conseil de l'Entente attendaient le président pour l'abattre. Sankara, suivi de ses gardes, s'engouffre dans le Pavillon. Tout le monde se jette à terre et les gardes commencent à riposter contre les assaillants embusqués. Sankara se relève et dit à ses compagnons : « Restez, restez, c'est moi qu'ils cherchent » Il se prépare à sortir l'arme à la main quand une grenade offensive est lancée dans le Pavillon. Le président est légèrement blessé mais arrive encore à abattre l'un de ses agresseurs. Un autre l'achève d'une rafale de kalachnikov. Il est 16 heures 30.
À 18 heures, Blaise Compaoré arrive sur les lieux. « J'étais couché parce que j'avais le palu », dira-t-il. Mais il dira aussi : « J'ai cru qu'on attaquait ma villa {il loge parfois au Pavillon Côte-d'Ivoire du Conseil de l'Entente} et j'ai pris mon arme pour me défendre. » Et il dira encore : « Quand j'ai entendu des coups de feu, j'ai dit à mes hommes de prendre leur position de défense. » Bref, il est venu sur les lieux, une heure et demie après le meurtre. Il ordonne d'enlever les corps – treize morts dont le président et de les enterrer au cimetière Dagnoen, banlieue-est de Ouagadougou.
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